« Saladin et l’anneau magique » : interview de son auteur

Haut Potentiel, késako ?

Juil 15

Oumma Poten’Ciel vous propose aujourd’hui de faire connaissance avec le parcours de l’auteur du roman  » Saladin et l’anneau magique ».

Un roman dont le personnage principal nous emmène avec lui pour découvrir l’oeuvre d’illustres personnes qui ont laissé leur emprunte dans l’Histoire !

Ces biographies dont on ignore souvent tout puisqu’elles sont volontairement (ou pas) effacées de la mémoire collective et ne sont pas enseignées dans les manuels scolaires. Ce qui a pour conséquence de tronquer des parties de l’Histoire dont beaucoup pourront être fiers et s’identifier.

Sans oublier qu’il est à noter que notre héros est un adolescent à Haut Potentiel, ce qui vous le devinez, ne nous a pas laissé indifférents ^^ … Mais ce n’est pas uniquement pour cela qu’il s’agit d’un véritable coup de coeur …

Déjà 2 tomes de « Saladin et l’anneau magique » ont été publié et les éditions Oryms nous annonce la suite de cette saga pour le courant du mois de septembre, incha Allah. Lecteurs, nous avons tous hâte de découvrir la suite des aventures trépidantes de cet adolescent qui nous emmène sur les traces d’un passé laissé bien souvent sous silence.

. Adeptes ou non des romains fantastiques, vous êtes emportés par la plume du narrateur.

Et pour celles et ceux qui auront lu l’interview consacrée à ce dernier, jusqu’au bout, nous vous réservons une SURPRISE ! ^^

. Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter M. Lyess Chacal ?

Marié et père de 6 enfants

Salam alaykum. J’ai déjà quelques décennies d’existence sur terre, alhamdoulilah et je me suis lancé dans l’édition il y a bientôt 3 ans. Né en France de parents immigrés, j’ai, depuis l’âge de 17 ans, beaucoup œuvré pour la communauté en toute discrétion sans jamais chercher à occuper de fonctions associatives ou autre.  Marié et père de 6 enfants, je suis un fan de la pêche  à la ligne (en mer seulement !) et 1er dan de karaté.

. Dans votre parcours universitaire, quel a été l’objet de votre thèse ?

J’ai donc sondé la pensée de grands auteurs tels qu’Ibn Taymiyya, Ibn al Jawzî, al Muhâsibî, et al Ghazâlî bien sûr pour démontrer que leurs approches étaient d’une incroyable modernité …

Ma thèse de doctorat, soutenue à Paris 4 Sorbonne, portait sur la « vanité dans la pensée islamique » et plus particulièrement en m’appuyant sur la pensée d’al Ghazâlî. C’est un auteur que j’avais étudié avant et qui me permettait d’aborder un sujet qu’il a été l’un des rares à explorer en profondeur. Ce sujet m’a paru important afin d’apporter un éclairage sur des vices de l’âme très répandus dans nos sociétés modernes que l’on ne devrait pas retrouver chez les musulmans compte tenu des  injonctions coraniques et prophétiques nous invitant à les combattre. J’ai donc sondé la pensée de grands auteurs tels qu’Ibn Taymiyya, Ibn al Jawzî, al Muhâsibî, et al Ghazâlî bien sûr pour démontrer que leurs approches étaient d’une incroyable modernité et qu’elles prenaient tout leur sens aujourd’hui encore.

. Dans votre parcours professionnel, quelles ont été vos différentes « casquettes » ?

J’ai été responsable pédagogique d’un centre de formation pendant près de 10 ans ; j’ai contribué, en rejoignant l’équipe projet peu de temps après son installation, à l’ouverture du premier collège musulman de l’Académie de Versailles en 2009. J’ai été directeur à la scolarité de ce collège durant 3 années. J’ai occupé de nombreuses fonctions de coordination pédagogique pour une commune notamment et dans le cadre d’associations musulmanes. J’ai toujours eu à former et à accompagner les équipes avec lesquelles je travaillais.

L’idée est venue de mon fils de 12 ans …

. En tant qu’écrivain, comment est née l’idée de « Saladin et l’anneau magique » ?

L’idée est venue de mon fils de 12 ans qui, me voyant beaucoup travailler sur le lancement d’Oryms, m’a suggéré que faire une saga serait plus intéressant pour les lecteurs qui ont besoin d’être emmenés dans des histoires palpitantes. J’ai considéré que la façon dont je souhaitais transmettre les valeurs spirituelles de l’islam de manière académique ne touchait pas suffisamment une tranche d’âge pour laquelle il manquait de nombreux supports.

Dans quel objectif ? Quel message souhaitez-vous transmettre et à qui ?

Fort de mon expérience au contact des jeunes, j’ai tenté de recréer un univers connu de tous, ados comme adultes, afin de créer les conditions idéales pour aborder à la fois des valeurs spirituelles fondamentales et surtout faire revivre une partie du patrimoine islamique oublié. « Saladin et l’anneau magique » est donc un vrai manuel d’histoire et d’éthique mais sous un aspect ludique et divertissant. C’est un livre qui s’adresse à tous sans distinction. Le message est simple : l’identité de chacun est importante et se construit de manière très complexe. L’islam renferme des valeurs qui sont d’une grande utilité pour affronter les obstacles de la vie. Personne n’a à rougir de son appartenance à une religion qui a contribué à l’essor de l’humanité comme en témoigne les histoires et les personnages réels abordés dans le roman.

. Jusqu’à aujourd’hui, quels sont les retours reçus ? Qui sont les lecteurs de « Saladin et l’anneau magique » ?

A chaque fois, les parents me disent que leurs enfants ne lisaient plus et que « Saladin » les a réconciliés avec la lecture.

Les lecteurs de cette saga sont composés de tranches de tous âges. Beaucoup de mamans ont lu le livre. J’ai aussi un public masculin adulte qui a été conquis par l’histoire. Les ados sont une frange importante du lectorat. J’ai été très touché par les retours de mères de famille, de grands frères, de grand-parents même qui avaient acheté le livre pour les leurs et qui ont été bluffés par la dynamique du livre. A chaque fois, les parents me disent que leurs enfants ne lisaient plus et que « Saladin » les a réconciliés avec la lecture. Ils sont surpris par les mines d’informations contenues dans le livre. Certains pensaient que ce n’était qu’un livre de divertissements mais ils se sont aperçus que c’était un livre plein d’enseignements.

. Quand on a découvert le héros de ce roman, on n’a pu s’empêcher de se demander si Saladin était un adolescent à Haut Potentiel … est-ce le cas ?

… bien souvent, de nombreux enfants ont un énorme potentiel sous-exploité.

Tout à fait, j’ai pensé Saladin comme un enfant à haut potentiel parce que, bien souvent, de nombreux enfants ont un énorme potentiel sous-exploité. L’idée c’est que la culture, l’affirmation de soi, et l’appartenance à une grande religion comme l’islam sont des facteurs de réussite et qu’ils peuvent s’exprimer au grand jour. Saladin a une surtout une personnalité affirmée et, pour ne pas être trop influençable, il est important que le potentiel de chacun s’exprime sereinement en ne se laissant pas happer par les illusions de ce monde.  

. En tant qu’ancien directeur adjoint d’un collège privé, qu’avez-vous appris de ces élèves « atypiques » ?  Quels accompagnements scolaires spécifiques ont-ils pu bénéficier ?

En réalité, ces enfants, lorsqu’ils arrivent au collège par exemple, ont une facilité d’apprentissage déconcertante qui met à mal le fonctionnement traditionnel d’un établissement dans le sens où ils nous poussent à réinventer notre approche éducative et académique. On s’aperçoit que cette « uniformisation » de l’enseignement qui touche même des établissements privés supposés proposer une approche différente et innovante, subissent les contraintes des programmes nationaux sans prendre la liberté de les compléter ou de les aborder de manière différente sur le plan pédagogique. Ceci m’amène à dire, en toute honnêteté, que ces enfants ne sont pas accompagnés à leur juste valeur partout faute de moyens (puisque bien souvent priorité est donnée aux élèves en difficulté). Par contre, il existe de nombreuses initiatives associatives pour ce profil d’élèves qui sont poussés vers « l’excellence » via des stages et des sessions de formation dans la perspective de la préparation aux concours des grandes écoles.

. Quels sont les projets pédagogiques à entreprendre et les défis liés à l’éducation qui nous restent à relever au sein de notre communauté, selon vous ?

Ce que je vais évoquer n’engage que moi et relève, peut-être d’une approche idéalisée mais, dans l’absolu, on devrait avoir des enseignements qui allient théorie et pratique pour toutes les matières. Donner aux élèves le sens concret de ce que l’on leur enseigne pourrait davantage les motiver. Les mathématiques, par exemple, ont de multitudes applications dans notre vie quotidienne. Or, faute d’ateliers qui permettraient de mettre en application certains théorèmes ou formules, on coupe nos enfants de cette richesse et on les coupe de la réalité puisque ces enseignements restent, à proprement parler, abstraits.

Il faut, à mon sens, révolutionner l’enseignement de l’arabe.

Sur un tout autre plan, nous avons une grande difficulté à faire de l’enseignement de la langue arabe une priorité. Elle reste souvent optionnelle dans beaucoup d’établissements confessionnels et reste peu attractive pour nos enfants. Il faut, à mon sens, révolutionner l’enseignement de l’arabe. On voit bien que dire que c’est la langue de la révélation ne suffit plus à motiver les plus jeunes qui, arrivés à l’âge adulte, se rendent compte de leurs lacunes lorsque, en s’intéressant à l’islam et à ses écrits, ils constatent qu’ils doivent « ramer » à l’âge adulte pour combler le retard pris plus jeunes. Je terminerai par dire que s’affirmer en tant que musulman, ce n’est déclarer la guerre à personne. C’est être le fidèle messager et transmetteur de valeurs universelles bénéfiques pour tout un chacun. Mais pour remplir à bien cette mission, il faut plutôt avoir une tête bien faite qu’une tête bien pleine !

Nous remercions fraternellement, M. Lyess Chacal pour sa disponibilité et sa générosité car il est venu pour vous de découvrir …

LA SURPRISE !

Les éditions Oryms et Oumma Poten’Ciel sont ravis de vous annoncer :

Les conditions de participation jusqu’au 24 juillet minuit :

– répondre à la question suivante en commentaire : citez l’une des « casquettes » de M. Lyess Chacal, l’auteur de « Saladin et l’anneau magique ».

ou participer sur facebook ou instagram.

Poten’Ciellement 🧠❤️

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