Faux self et Haut Potentiel : 5 leviers ​pour ​se réconcilier avec son « vrai self »

Haut Potentiel, késako ?

Mar 10

Faux self

Wikipédia

« Le terme self est la traduction anglaise du soi. Il est utilisé en psychologie [...] »

Le « faux self » selon Winnicott


Selon la théorie du pédiatre et psychanalyste américain Winnicott datant de 1975,  le « faux-self » et le « vrai self » sont présents chez chacun d’entre nous.

Le vrai-self est la manifestation de l’image qu’un individu se fait de lui-même quand il se sent en confiance ainsi que dans son milieu.

Tandis que le « faux self » est un mécanisme de défense ou d’adaptation qui se met en place inconsciemment pour faire face à un milieu menaçant ou contraignant et est surtout représentatif d'un rôle qu'on lui aurait imposé. Une capacité à s’adapter tel un caméléon …


Pour ce faire, ces personnes vont ressentir le besoin de devoir se fondre dans la masse lorsque l’environnement leur semble hors de contrôle.  C’est alors que leur vraie personnalité (« vrai self ») passe en second plan jusqu’à se voir totalement nié puisque les risques encourus sont jugés trop importants.

Ce mécanisme peut se manifester de façon périodique voire durant des années, jusqu’à s’installer de manière définitive dans certains cas.

Plus que pour quiconque, la reconnaissance de soi par l’autre, constitutive de l’identité de chacun, revêt une importance toute particulière pour les hauts potentiels. #hautpotentiel #fauxself

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Le « faux self » chez le Haut Potentiel : entre mythe de l’excellence et mythe d’une harmonie


La personne à Haut Potentiel, foncièrement anti-conformiste, vient à adopter un comportement se calquant sur la « normalité » pensant ainsi qu’elle sera mieux acceptée. Cette dépendance au regard de l’autre en est une des causes. Elle sera amenée à se défaire seulement si elle en prend conscience par une expérience qui lui servira de déclic. C’est alors qu’elle se rendra compte que ce besoin de satisfaire tout le monde, qui lui procure le sentiment de sécurité pour vivre, est finalement illusoire. Dans certaines circonstances, il peut même être dévastateur que de le croire. Plus que pour quiconque, la reconnaissance de soi par l’autre, constitutive de l’identité de chacun, revêt une importance toute particulière pour les hauts potentiels. Effectivement, c’est pour elle qu’ils sacrifient leur vrai-self. Pour eux, le désir de l’autre passe avant le leur.

Moins connu que le mythe de l’excellence, il existe donc en eux le mythe d’une harmonie sans conflit, quel qu’il soit, car il est essentiel de conserver l’illusion que tout va bien.

Revêtir ce fameux « faux self » demeure une forme de protection qui s’explique notamment par ce sentiment permanent d’être en décalage. C’est ainsi qu’il renonce un temps à ce qu’ils sont en dissimulant leur désir, en étouffant leurs besoins profonds.

Jusqu’au jour où ce besoin de recourir à ce « masque social » s’amenuise jusqu’à laisser place au vrai self et à un épanouissement personnel plus serein. Et ceci passe par un véritable travail sur soi.

Malheureusement, certains seront amenés à côtoyer un temps la dépression pour y parvenir. Tandis que chez d’autres un déclic suffira à leur faire prendre conscience de cette nécessité d’être soi et se dire que l’avis des gens demeure la vie des gens finalement.

Il en est de même lorsqu’il s’agit de l’attente d’une reconnaissance qui n’est pas satisfaite comme maintes fois espérée. Ce besoin si pesant d’être aimée alors qu’il suffit juste de s’apprécier soi sans attendre la validation de l’autre.

La personne à Haut Potentiel est tout aussi capable de se défaire de ce qui peut devenir une dépendance affective. D’ailleurs, elle ignore souvent sa grande capacité d’adaptation bravant toutes les épreuves.


L’enfance, les fondations du vrai self.


L’enfouissement de leurs réels talents et désirs n’est pas la solution pour pouvoir vivre en harmonie. C’est pourtant ce qu’ils pensent en adoptant des comportements induits par leur entourage.

Cette sur-adaptation peut se manifester autant dans la vie familiale, scolaire ou professionnelle.

Chez les personnes à Haut Potentiel, leur sentiment de différence et/ou de décalage, leur besoin vital d’être aimés, leur peur d’être rejetés, leur ressenti d’être abandonnées et incomprises, … les conduises irrémédiablement à adopter ce fameux faux self.

L’enfance étant la période durant laquelle la personnalité se construit, le « vrai self » devrait pouvoir s’exprimer dans de bonnes conditions. Sauf que celui-ci peut avoir du mal à se mouvoir dans un contexte inadéquat. Par conséquent, une personnalité de substitution apparaîtra à trop vouloir endosser un rôle n’étant pas le sien. Ce qui donnera lieu à bon nombre de frustrations pour eux et surtout à un renforcement de leur faux-self. Une soumission encore plus grande aux exigences de la société se manifestera alors.


L’équilibre entre le vrai self et le faux self


Chacun d’entre nous possédons ces deux pans qui constituent notre personnalité. Le tout est de trouver le juste milieu entre la permission donnée au « faux self » de s’exprimer en respect des conventions induites par la société, et laisser le « vrai-self » s’exprimer dès lors que les circonstances nous le permettent.

La limite entre l’adaptation sociale et la mise en place du faux-self est parfois bien ténue et très subjective.

Et si leur principale souffrance résidait, là, en ce faux self trop présent ?

5 leviers pour se réconcilier avec son « vrai self »
  • 1. Développer ses capacités créatrices et innovatrices. On en entend de plus en plus parler, il s’agit des soft kills, terme qui désigne à la fois l'intelligence relationnelle, les capacités de communication, le caractère, les aptitudes interpersonnelles....
  • 2. Avoir une profonde connaissance de soi et de ses limites. Cette capacité d’intériorité qui passe par l’« intelligence émotionnelle» qui consiste à la conscience et à la maîtrise de soi, d’empathie et de capacité à mobiliser son entourage.
  • 3. Construire un environnement suffisamment sécurisant  : trouver progressivement sa place en adéquation avec ses besoins propres.
  • 4. Utiliser et se former à différents outils pour comprendre les différentes facettes de ce qui constitue notre identité : personnalité, fonctionnement (méta-)cognitif … Ne pas hésiter à essayer une multitude d’entre eux afin de trouver ceux qui nous conviennent. Les formations en ce sens ne manquent pas : méthodes de mémorisation, pédagogiques alternatives, test de personnalité (mbti, ennéagramme, process comcom colors …)
    Pour les enfants, diversifier les supports afin d'optimiser ses apprentissages qui prennent en compte le profil de l'apprenant et étudier les différentes formes d'intelligence (
    théorie de Howard Gardner, VAKOG ...)
  • Apprendre à connaitre et à accepter son fonctionnement cognitif (test, vidéos, conférences, livres …) pour mettre des mots sur des maux.

  • 5. Se mettre au défi pour connaître vos forces insoupçonnées, grâce à votre curiosité insatiable et votre envie irrépressible d'en apprendre toujours plus autant sur le monde qui vous entoure et ce qui vous concerne.


Ce travail d’introspection et de rétrospection est indispensable pour pouvoir développer des stratégies offensives entre lui et les autres. Ils pourront ainsi trouver un équilibre personnel et leur faciliter la tâche notamment dans leurs prises de décisions, leurs relations et leurs ambitions.

Dans le meilleur des cas, il peut même arriver que cette remise en cause de leur faux-self les amène à y renoncer définitivement ! Il gagnera ainsi en maturité  et pourra être l’occasion de changements radicaux, d’une nouvelle progression vers une construction identitaire nouvelle.

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